Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 19:00

Protéger l'être cher d'abord

Les conjoints et partenaires sont exonérés de droits de succession. En dehors de l'héritage, il existe des solutions pour donner ou transmettre dans le couple, marié ou non.

Tous les couples se posent un jour ou l'autre la question du devenir matériel du survivant en cas de décès. La protection garantie par le mariage est la plus forte et joue sur deux plans complémentaires : le régime matrimonial, choisi au moment du mariage, et la part d'héritage prévue par la loi, que le conjoint reçoit sans avoir aucun impôt de succession à payer. Il est possible de faire encore mieux, avec une donation au dernier vivant, en modifiant son régime matrimonial ou en souscrivant une assurance-vie.

Pour avantager son partenaire pacsé, il est indispensable de rédiger un testament. Quant aux concubins non pacsés, la fiscalité leur est très défavorable, et l'assurance-vie constitue pour eux la seule solution permettant de se transmettre un capital sans impôt.

Protection de base

Lorsque l'un des époux décède, il faut d'abord liquider le régime matrimonial. Dans la grande majorité des cas, il s'agit de la communauté légale réduite aux acquêts. L'ensemble des biens acquis par les époux, même s'ils n'ont pas été financés à parts égales par chacun, est partagé en deux. Une moitié revient au conjoint survivant. Ses droits successoraux proprement dits sont ensuite calculés sur l'autre moitié, à laquelle sont ajoutés les biens propres du conjoint décédé. S'il y a des enfants des deux époux, le conjoint a le choix entre un quart en pleine propriété et la totalité en usufruit. S'il y a des enfants nés d'une autre union, il a droit à un quart en pleine propriété.

Maintien dans le logement

Par ailleurs, sans prendre aucune disposition pour cela, le conjoint peut rester gratuitement dans le logement pendant l'année qui suit le décès. Il peut ensuite continuer de l'occuper sa vie durant, s'il appartenait aux époux (bien commun ou achat en indivision) ou au conjoint décédé.

Donation au dernier vivant : le « must » !

Si vous êtes mariés, vous avez intérêt à vous consentir mutuellement une donation au dernier vivant. Elle permet d'augmenter sans impôt la part du conjoint et lui offre une marge de choix plus importante (voir ci-dessous). Mais attention, cette donation est toujours révocable du vivant des époux.

Trois possibilités

Au décès, le conjoint survivant profitant d'une telle donation peut opter :

-soit pour une part de la succession en pleine propriété, variable selon le nombre d'enfants (la moitié, le tiers ou le quart des biens, selon qu'il y a un, deux ou trois enfants et plus) ;

-soit pour le quart en pleine propriété et les trois autres quarts en usufruit ;

-soit pour la totalité en usufruit.

Exemple : Marie-Françoise et Pierre ont un seul enfant. Si Pierre disparaît, Marie-Françoise héritera soit d'un quart des biens en pleine propriété, soit de la totalité en usufruit. La donation au dernier vivant permet d'augmenter sa part en pleine propriété. N'ayant eu qu'un seul enfant, elle peut recevoir la moitié des biens au lieu du quart. Mais elle peut aussi choisir de cumuler des droits en propriété (un quart) et des droits en usufruit (trois quarts), ce que la loi ne prévoit pas.

Famille recomposée

Dans le cadre d'une famille recomposée, c'est-à-dire lorsqu'il y a au moins un enfant d'un premier lit, la donation au dernier vivant permet au conjoint de choisir la totalité de la succession en usufruit, ce que ne permet pas son droit d'héritage légal dans cette situation.

Revoir son contrat de mariage

Modifier le contrat de mariage dans l'intérêt du conjoint survivant, c'est faire le choix d'une démarche plus lourde et plus coûteuse que la donation au dernier vivant. Mais c'est aussi la seule manière de changer directement les règles du partage des biens, avant la succession elle-même. Par ailleurs, une fois que la modification est adoptée, elle ne peut plus être remise en cause, sauf si les époux le décident ensemble. Alors que la donation au dernier vivant peut toujours être révoquée par l'un ou par l'autre.

Amélioration

Si vous êtes mariés sous la communauté légale (réduite aux acquêts), vous pouvez l'améliorer en prévoyant que le conjoint survivant prélèvera un bien précis avant le partage (le logement, par exemple), ou en décidant qu'il recevra plus que sa moitié de communauté « réglementaire » : les deux tiers, les trois quarts, ou même la totalité des biens communs (clause d'attribution intégrale).

Si vous êtes mariés sous la séparation de biens, pour raisons professionnelles par exemple, vous pouvez « adoucir » ce régime en créant une société d'acquêts. Cela permet de mettre en commun une partie de vos revenus ou votre résidence principale, à partager comme une communauté au décès.

Communauté universelle

Les époux peuvent faire le choix de la communauté universelle, avec une clause d'attribution intégrale au conjoint survivant. Même si cette solution n'offre désormais plus d'intérêt fiscal, le conjoint survivant étant dans tous les cas exonéré, elle reste avantageuse pour lui. D'une part, tous les biens lui sont transmis sans formalité (déclaration de succession inutile). D'autre part, le conjoint survivant devient seul propriétaire de l'ensemble du patrimoine, qu'il peut gérer en toute liberté. Attention, les enfants sont pénalisés, puisqu'ils n'héritent de rien au premier décès et ne bénéficient donc qu'une seule fois de l'abattement en ligne directe, de 159 325 € en 2011.

Formalités

Quelle que soit la modification envisagée, il faut rédiger une convention chez un notaire, ce qui entraîne des frais variables selon l'importance du patrimoine (voir IP 684 de février 2011, page 52). S'il y a des enfants mineurs ou si un enfant majeur ou un créancier des époux s'oppose au changement, il faut encore faire homologuer la convention par le tribunal de grande instance, avec des frais d'avocats à la clé...

Pacs : un testament, sinon rien

Comme les époux, les partenaires pacsés sont exonérés de droits de succession, y compris sur les capitaux versés en exécution d'un contrat d'assurance-vie (voir encadré ci-contre). Mais ils ne sont pas héritiers l'un de l'autre, ce qui entraîne deux différences importantes : ils doivent prendre des dispositions de leur vivant pour se transmettre des biens lors du décès (legs), et il ne faut pas oublier que la part qui peut ainsi être transmise est moins étendue que dans le cadre du mariage.

La réserve des enfants

Contrairement aux conjoints mariés, les partenaires pacsés ne bénéficient pas d'une « quotité disponible » spéciale. En présence d'enfants, il faut tenir compte de leurs droits réservataires : s'il y a trois enfants, par exemple, le partenaire ne peut recevoir par testament que le quart des biens de la succession en pleine propriété.

Donation à éviter

Il faut prévoir un testament en faveur de son partenaire pacsé. Il doit être écrit en entier, daté et signé par soi-même.

En pratique, il est conseillé de le déposer, sous pli non cacheté, chez un notaire : cela permet d'en sécuriser la conservation et il peut, de plus, être mentionné au fichier central des dispositions de dernières volontés.

Le testament est préférable à la donation, et cela pour deux raisons :

-d'une part, la donation reste imposable aux droits de donation après un abattement de 80 724 € (en 2011) ;

-d'autre part, la donation qui profite immédiatement au partenaire est irrévocable, ce qui peut poser problème en cas de séparation ultérieure.

Concubin : assurez-le !

Avec un taux unique d'imposition à 60 % (réduit de moitié pour les donations en pleine propriété, si le donateur est âgé de moins de 70 ans), les donations sont très coûteuses entre concubins. Quant au testament, son montant est imposé à 60 %, après déduction d'un abattement réduit de 1 594 € (montant 2011), sans aucune réduction de taux possible.

L'assurance-vie désignant le concubin comme bénéficiaire en cas de décès est pratiquement la seule solution pour éviter que le survivant du couple ne soit complètement démuni. Toutefois, le capital transmis par le contrat au-delà de 152 500 € est soumis à un prélèvement forfaitaire de 20 %. Quant aux primes versées après 70 ans par le souscripteur (au-delà de 30 500 €), leur transmission ultérieure est imposable aux droits de succession.

 

Assurance-vie hors succession

Pour le conjoint, la souscription d'une assurance-vie peut venir en complément d'une donation au dernier vivant ou d'une modification du régime matrimonial. Elle profite du même régime fiscal que la succession : les capitaux transmis par ce biais sont entièrement exonérés de droits de succession. Le montant du contrat est donc exonéré du prélèvement de 20 % (au-delà de 152 500 € de capital versé) et des droits de succession pour les primes versées après 70 ans (au-delà de 30 500 €). Il en est de même lorsque le bénéficiaire est le partenaire pacsé du souscripteur. Attention, pour les époux mariés sous le régime de la communauté légale, la valeur de rachat d'un contrat non dénoué (en cas de décès du bénéficiaire avant le souscripteur) rentre pour moitié dans la succession. Pour que la totalité du contrat ne soit pas partagée avec les autres héritiers, mais reste au seul conjoint survivant, il faut soit modifier le régime matrimonial en y insérant une clause de préciput, soit revoir ses contrats d'assurance-vie pour envisager une adhésion conjointe avec dénouement au premier décès (voir IP 685 de mars 2011, p. 38).

 

 

 

À RETENIR 

- La donation au dernier vivant permet d'augmenter la part d'héritage du conjoint et lui offre un choix plus large.

- Les partenaires pacsés n'héritent pas automatique- ment l'un de l'autre : un testament est indispensable.

- Entre concubins non pacsés, les transmissions par testament ou par donation sont imposées au taux maximum, celui des non-parents (60 %).

 

 

 

À SAVOIR

Le conjoint usufruitier de tous les biens de la succession (qu'il s'agisse de l'usufruit légal ou de l'usufruit prévu par une donation au dernier vivant) est redevable de l'ISF, si leur valeur totale en pleine propriété dépasse le seuil de 800 000 € (barème 2011).

Par agnetz-immobilier.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 20:37

La nouvelle mouture du prêt à taux zéro, lancée en janvier, semble bénéficier d'une distribution élevée. Mais ce coup de pouce pourrait s'avérer insuffisant.

Le prêt à taux zéro plus (PTZ +) ne suffira pas à amortir l'effet de la remontée des taux d'intérêt sur la moindre solvabilité des candidats à l'achat d'un logement. C'est le pronostic de Gérard Rul, directeur des études immobilières au Crédit Foncier Immobilier. « Le PTZ + ne peut pas compenser une hausse des taux d'intérêt de plus de 0,4 % à 0,5 % cette année », estime-t-il. Or la remontée des taux a peu de chances de s'arrêter là.

Pour l'heure, au vu des trois premiers mois de fonctionnement du PTZ +, le Crédit Foncier, qui avait environ 15 % de part de marché sur le PTZ, estime que le nouveau produit est un succès. Par rapport à l'ancien prêt à taux zéro, cette nouvelle aide à la primo-accession solvabilise davantage les candidats à l'achat, car les plafonds de montants de prêt ont été considérablement relevés. Le Crédit Foncier annonce en avoir distribué 6.600 depuis janvier, un niveau élevé. Les demandes sont aussi soutenues que l'an dernier à la même époque, mais les bénéficiaires ont un peu évolué. Le PTZ + se révélant nettement moins intéressant pour les célibataires et les couples sans enfants, ainsi que pour l'ancien à la performance énergétique médiocre (classe E, F ou G), le modèle de la jeune famille acquérant une maison neuve se renforce. Au Crédit Foncier, dans le neuf les bénéficiaires de PTZ + sont pour 71 % des ménages d'au moins trois personnes, soit nettement plus que l'an dernier pour le PTZ, et leur part est aussi majoritaire (64 %) dans l'ancien. Sur l'ensemble des bénéficiaires, 70 % ont moins de trente-cinq ans, sont employés ou ouvriers et gagnent un revenu fiscal de 23.800 euros. Mais ce coup de pouce supplémentaire du gouvernement visant à amortir la hausse des prix de l'immobilier depuis deux ans risque de ne pas suffire.

Par agnetz-immobilier.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 20:35

Dans dix-sept communes, les primo-accédants peuvent acheter plus facilement avec le Prêt à taux zéro+ (PTZ+). Mais les marchés chers deviennent encore plus inaccessibles, selon la dernière étude menée par l'Université Paris-Dauphine avec le soutien du Crédit Foncier.

Dans le secteur de l'immobilier résidentiel ancien le dispositif PTZ+ (prêt à taux zéro plus) a un effet positif sur la capacité d'achat des ménages primo-accédants franciliens. Mais son impact diffère selon les communes implantées en Ile-de-France, tel est le principal constat dressé par la dernière étude publiée par l'Université Paris-Dauphine dans le cadre des travaux de la Chaire Ville & Immobilier, soutenue par le Crédit Foncier.

Mis en place à compter du 1er janvier 2011, le PTZ+ désormais accessible à tous les primo-accédants tient compte, à la différence de son prédécesseur, le PTZ, d'un critère supplémentaire : le DPE (diagnostic de performance énergétique). Désormais, il constitue un déterminant important du montant du PTZ alloué à l'acquéreur.

Pour mesurer le gain ou la perte de pouvoir d'achat immobilier du PTZ+ par rapport au PTZ pratiqué en 2010, l'Université Paris-Dauphine a fait ses calculs en retenant des logements affichant une étiquette énergétique notée E ou F. Ce score correspond à la moyenne des niveaux de DPE relevés sur les immeubles anciens, grands consommateurs d'énergie.

Les communes gagnantes

De cette étude, il ressort une forte hétérogénéité locale. Cette année, les emprunteurs améliorent avec le PTZ + leur capacité de financement dans dix-sept des vingt communes étudiées à la loupe. Dans l'ensemble, l'effet PTZ + est positif pour solvabiliser les particuliers souhaitant acheter en Ile de France. Pour bien lire les tableaux ci-dessous, retenez par exemple, qu'à Boulogne-Billancourt, au troisième trimestre de l'an dernier, 20,4% des ménages étaient éligibles au PTZ (ancienne formule). En 2011, cette proportion de ménages éligibles au PTZ + progresse de 1,5% par rapport à 2010.


Primo-accédants  :17 communes où il est plus facile d'acheter
Part des primo-accédants avec le PTZ (en  %) au 3° trimestre 2010 Effet PTZ + (en  %)
Argenteuil 63,24 5,40
Bobigny 63,50 5
Boulogne-Billancourt 20,44 1,50
Cergy 57,18 8
Créteil 47,48 4,90
Enghein 38,60 1
Evry 61,55 4,80
Fontainebleau 54,18 4,30
Issy-les-Moulineaux 32,13 0
Massy 53,23 7,40
Meaux 62,73 3,40
Nanterre 40,85 2,20
Palaiseau 58,47 6,60
Saint-Denis 63,99 5,40
Saint-Germain-en-Laye 23,81 2,10
Saint-Mandé 21,59 1,10
Vincennes 24,11 2

Les communes perdantes


Primo-accédants  : 3 communes où il est plus facile d'acheter
  Part des primo accédants avec le PTZ (en  %) au 3° trimestre 2010 Effet PTZ+ (en  %)
Neuilly 8,55 -0,90
Paris 13,08 -0,30
Versailles 31,62 -0,40

En revanche, ce nouveau dispositif réduit leur pouvoir d'achat immobilier, dans trois communes chères : Neuilly (-0,90%), Versailles (-0,40%) et Paris (-0,30%) . « Les prix au mètre carré étant beaucoup plus élevés à Neuilly, la quotité de PTZ dans le financement, et donc l'impact de la nouvelle formule sur la solvabilité de l'emprunteur sera nettement plus faible, voire en recul par rapport à l'ancien dispositif », explique l'étude. Au-delà de ces calculs, plane le sérieux risque d'une remontée des taux d'intérêt au cours des prochains mois. Si le loyer de l'argent se surenchérit de 0,5 point cette année, cette nouvelle aide à la primo-accession ne pourra pas compenser cette hausse..

Par agnetz-immobilier.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 20:33

Au premier trimestre, le délai de vente s'est rallongé, selon Century 21, et le nombre de ventes a baissé de 3 % en moyenne nationale. Avec la hausse des taux d'intérêt, des baisses de prix apparaissent dans les zones les moins aisées, mais les tarifs flambent toujours à Paris et dans l'Ouest parisien.

On ne peut pas encore parler de retournement du marché des logements anciens, mais il se grippe. Les zones les moins riches sont les premières à tousser, ainsi que celles qui avaient le plus monté. On y observe au premier trimestre 2011 une baisse des prix par rapport au quatrième trimestre 2010 et une contraction du nombre de ventes, comparé à la même période un an plus tôt, pour éviter les effets de saisonnalité. Les volumes se sont contractés (- 3 % en moyenne nationale) dans tous les départements d'Ile-de-France et dans 7 régions, tandis que les prix (+2,7 % en moyenne nationale) baissent dans deux départements franciliens et huit régions selon les premiers recensements du réseau Century 21. « Le marché marque le pas, il corrige les excès des mises en vente, les acheteurs n'ayant plus forcément les moyens nécessaires vu la hausse des taux d'intérêt », résume le président de Century 21, Laurent Vimont.

Le neuf stable

Car la remontée des taux est désormais marquée. Sur les marchés financiers « le taux de référence à 10 ans a gagné 100 points de base depuis septembre », rappelle Christophe Pinault, directeur général délégué au Crédit Foncier, où on parie pour 2011 sur une remontée des taux de 0,5 % à 1 %. Sachant qu'ils ont déjà pris 30 points de base (0,3 %) en janvier et février, 1 % semble le plus probable. Or « une hausse de 1 % des taux entraîne une baisse de 7 % de la demande », estime Thierry Dufour, directeur général délégué au Crédit Foncier. La banque prévoit donc de 670.000 à 680.000 ventes dans l'ancien, seulement cette année, au lieu des 702.000 recensées en 2010. Le neuf en revanche devrait être stable, à 310.000 ventes, grâce au prêt à taux zéro plus (lire ci-dessous).

Les acheteurs ont jusqu'à présent compensé la remontée des taux par un rallongement de la durée des prêts, passée par exemple de 20 ans à 20,75 ans chez Century 21 en moyenne nationale, et de 21,7 à 23,1 ans en Ile-de-France.

Fortes disparités

Mais cela ne suffit pas à éviter une contraction du marché. Les vendeurs n'ayant pas encore intégré le changement de donne, « on observe un écart qui se creuse entre leurs prétentions de mise en vente et ce que les acheteurs sont prêts à payer », témoigne Sébastien Lafond, président fondateur de MeilleursAgents.com, une plateforme de ventes spécialisée sur l'Ile-de-France. Autre signe, « les délais de vente commencent à rallonger, ils sont désormais proches de 85 jours, contre 83 jours au quatrième trimestre, constate Laurent Vimont. Le début de 2011 marque un vrai changement, car les délais avaient continuellement diminué sur les dix-huit mois précédents. »

L'inflexion du marché crée de fortes disparités, les zones riches étant moins sensibles à la remontée des taux. Ainsi, dans la capitale, le volume de ventes baisse de 10 % au premier trimestre sur un an selon Century 21, mais « Paris flambe toujours, en février, les prix y ont augmenté de 2 % par rapport à janvier », souligne Sébastien de Lafond, sans s'en étonner : « On sait que Paris baissera en dernier, c'est toujours le cas... ». Century 21 mesure une hausse de prix plus « sage », de 1,45 % en trois mois.

« Le marché francilien s'est éclaté en trois zones, remarque Sébastien de Lafond. Une zone aisée où les prix restent en hausse avec, outre Paris, l'essentiel du 92 et l'est du 78, une zone se fragmentant en micromarchés, et la Seine-Saint-Denis, en nette baisse depuis quatre mois ». En Seine-Saint-Denis, le département francilien le plus modeste, le volume trimestriel de ventes s'est effondré de 26 % et les prix ont reculé de plus de 2 %, selon Century 21 qui relève aussi une chute de 22 % des ventes en Seine-et-Marne, la plus touchée en termes de prix (- 7,3 % en trois mois). « Il y a des phénomènes d'ajustement, les prix en Seine-et-Marne avaient beaucoup monté au second semestre 2010, explique Laurent Vimont.De même, dans les Yvelines, où les prix avaient fortement baissé pendant la crise, ils reprennent 13 % en trois mois avec un volume stable sur un an. »

Certaines régions connaissent aussi des ajustements spectaculaires : en Alsace, qui détient la palme de la baisse des prix (- 7 % en trois mois), le nombre de transactions a bondi de 25 %. En Aquitaine, la même baisse de 7 % des prix n'a pas fait décoller les volumes (+ 0,7 %), ni en Basse-Normandie où ils ont reculé de 1 % malgré une fonte de 6 % des prix.

Par agnetz-immobilier.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 19:43

De préférence, rédigez un écrit...

Il est conseillé de formaliser le prêt par une reconnaissance de dette pour ne pas le confondre avec une donation et à titre de garantie de remboursement pour le prêteur.

Le prêt d'argent est une forme d'entraide familiale courante, qui connaît un regain d'actualité en période de crise économique... Bien que la rédaction d'un écrit soit assez rare en pratique, elle est pourtant conseillée, du moins lorsque la somme prêtée est d'un montant élevé. Cette précaution permet notamment d'éviter que le prêt familial ne devienne plus tard un sujet de conflit.

Éviter l'équivoque

Même entre proches, un écrit est en principe obligatoire au-delà d'un montant de 1 500 €. Il a l'avantage d'exprimer sans équivoque que l'opération est bien un prêt à charge de remboursement et non une donation.

Une garantie pour le prêteur

Jacques a compris, mais à ses dépens, l'utilité d'un écrit. Quand il a prêté 20 000 € à sa fille Odile, en 2005, il n'a pas jugé utile de rédiger quoi que ce soit. La confiance régnait... Cinq ans plus tard, tout a changé. Alors qu'Odile s'était engagée verbalement à commencer le remboursement du prêt fin 2010 (puis en 4 versements annuels jusqu'à fin 2014), elle ne veut plus rien savoir. Jacques est très ennuyé, car il comptait récupérer cette somme au terme prévu, pour effectuer quelques travaux d'amélioration dans sa résidence secondaire, dans l'idée de s'y installer sur ses vieux jours. Le problème, c'est que dans cette situation Odile, sa fille, est en position de force. Elle est présumée avoir reçu de son père un don manuel, et c'est à Jacques de prouver que le transfert d'argent correspond en réalité à un prêt, s'il veut aller jusqu'au tribunal pour faire reconnaître son droit. Une preuve très difficile à établir ! Les tribunaux peuvent admettre qu'entre proches parents, il existait une impossibilité morale d'établir un écrit au moment du prêt. Mais ce n'est pas toujours le cas. Et lorsque cette impossibilité est reconnue, encore faut-il apporter d'autres éléments de preuve, par exemple un témoignage sous forme d'attestation. Un simple relevé bancaire est insuffisant en lui-même, car s'il prouve le mouvement de fonds, il n'en établit pas le motif.

Reconnaissance de dette

Le prêt peut être matérialisé par un contrat, ou plus simplement par une reconnaissance de dette. Celle-ci doit être écrite, datée et signée par l'emprunteur, et la somme doit être mentionnée en chiffres et en lettres. Il est conseillé d'établir trois exemplaires de cet écrit : un pour le prêteur, un pour l'emprunteur et un pour l'enregistrement.

Justificatif

Face à une demande de l'administration fiscale (à l'occasion d'un achat immobilier notamment), la reconnaissance de dette enregistrée permet à l'emprunteur de justifier de l'origine des fonds : ils ne peuvent être considérés ni comme une libéralité, ni comme des revenus non déclarés.

Remboursement du prêt

Prêteur et emprunteur peuvent s'entendre sur les modalités de remboursement de leur choix (échéancier, intérêts ou non...) à indiquer dans la reconnaissance de dette. Le fait que le prêt ne soit assorti d'aucun intérêt n'est pas, en principe, considéré fiscalement comme une donation. Si l'emprunteur ne rembourse pas au terme convenu, le prêteur peut le contraindre à le faire, en le mettant en demeure par lettre recommandée, puis en obtenant du juge une injonction de payer.

Déclarations fiscales

Si le prêt est d'un montant important, il est conseillé d'enregistrer la reconnaissance de dette auprès de n'importe quel service des impôts pour lui donner « date certaine » vis-à-vis de l'administration fiscale (droit fixe de 125 €).

Avec ou sans intérêt, le prêt doit en principe être déclaré au centre des impôts par l'emprunteur, dans l'année qui suit sa conclusion, dès lors qu'il est d'un montant supérieur à 760 € (imprimé n° 2062 à joindre à la déclaration de revenus). L'amende encourue en cas de non-déclaration est de 150 €.

Si des intérêts sont prévus, ils sont en principe soumis à l'impôt sur le revenu pour le prêteur, comme des revenus de créances. Ils sont soumis au barème progressif de l'impôt, sauf option pour le prélèvement forfaitaire libératoire (31,3 %).

Les intérêts versés doivent par ailleurs être déclarés chaque année par l'emprunteur, au moyen d'un imprimé spécifique (n° 2561), au plus tard le 15 février de l'année qui suit celle du paiement des intérêts.

En cas de décès

Si le prêteur décède avant d'avoir été remboursé, la somme restant due (créance) est portée à l'actif de sa succession, et ses héritiers peuvent en demander le remboursement auprès de l'emprunteur. Toutefois, si ce dernier est lui-même un héritier, sa dette vient simplement en diminution de sa part d'héritage.

Si c'est l'emprunteur qui décède avant d'avoir fini de rembourser, sa dette est portée au passif de sa succession, et elle est transmise à ses héritiers. Attention ! Le prêteur ne peut se faire payer pour le tout par un seul d'entre eux que si une clause de solidarité a été prévue dans la reconnaissance de dette (voir le modèle en encadré).

Reconnaissance de dette (modèle)

Je soussigné (nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse), reconnais devoir à (identité et adresse du prêteur), la somme de (indiquer le montant prêté en chiffres et en lettres) euros, qu'il (elle) m'a prêtée le (date) par remise du chèque (indiquer la date du chèque, son numéro et les coordonnées de la banque) ou par virement bancaire ou postal (indiquer les références de l'opération). En cas de décès, mes héritiers seront tenus de façon solidaire et indivisible au remboursement des sommes restant dues. Je m'engage à rembourser cette somme au plus tard le (date) (ou selon l'échéancier suivant), sans intérêt (ou majorée d'un intérêt au taux de...%). Fait à... le (date), en trois exemplaires (dont un pour l'enregistrement).


Par agnetz-immobilier.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés